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Avec :
AnaĂŻs Dumoustier (la journaliste), Gilles Lellouche, Edouard Baer, Jonathan Cohen, Pio MarmaĂŻ, Didier Flamant (les cinq Dali), Romain Duris (le producteur).
Quentin Dupieux est un musicien de musique électronique, réalisateur et scénariste français, né en 1974 à Paris. Son œuvre musicale est signée du pseudonyme de Mr. Oizo. Après avoir appris le cinéma en bricolant caméras de 16 mm, VHS et synthétiseurs, il réalise un premier court en 1995,tout en menant une carrière de chanteur. Premier long, Steak, en 2007, suivi de succès : Rubber (Cannes, 2010), Fumer fait tousser (Cannes 2022) et Yannick (2023).
Résumé :
Une jeune journaliste veut rencontrer Dali en vue de réaliser un reportage sur lui.
Analyse :
Il fallait un rĂ©alisateur aussi dĂ©jantĂ© que Quentin Dupieux pour s’attaquer au monstre du SurrĂ©alisme qu’est Salvador Dali (1904-1989). Il y a dans ce nouveau film de nombreuses rĂ©fĂ©rences Ă Un chien andalou (1925) et Ă L’âge d’or (1930), deux films de Luis Buñuel, scĂ©narisĂ©s en collaboration avec Dali oĂą l’on retrouve les figures des paysans armĂ©s et des ecclĂ©siastiques. La musique -un peu lancinante- est largement inspirĂ©e de celle que Buñuel a ajoutĂ©e en 1960 au Chien andalou. La trame du scĂ©nario est l’affrontement entre une jeune journaliste – excellente AnaĂŻs Dumoustier- et pas moins de cinq Dali , aux cĂ©lèbres moustaches en crocs et Ă l’accent catalan qui roulent les r! Il n’en fallait pas moins pour un tel personnage ! Pour ajouter Ă la vraisemblance ou Ă l’invraisemblance, au choix, le film se dĂ©roule dans une villa qui ressemble Ă s’y mĂ©prendre Ă celle du MaĂ®tre Ă CadaquĂ©s. Le film s’ouvre sur un tableau de Dali : Fontaine nĂ©crophile coulant d’un piano Ă queue (1933) puis enchaĂ®ne sur les affres de la jeune journaliste qui dĂ©bute sa carrière. La première interview dĂ©bute par une scène interminable dans un couloir d’hĂ´tel oĂą le peintre n’en finit pas d’arriver. Celui-ci refusera catĂ©goriquement l’interview qui, devra se reconvertir en film. Dans la suite, il ne faut surtout pas se piquer de rationalisme, Quentin Dupieux se lâche complètement sur les traces de ses anciens maitres, Dali et Buñuel, et nous sommes ravis Ă la fois par ses inventions et ses emprunts aux Ĺ“uvres de ses mentors. Le tout donne lieu Ă un spectacle intelligent et rĂ©jouissant, deux qualitĂ©s qui ne sont pas contradictoires.
Jean Wilkowski
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