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Avec :
Maya O’Rourke (Ines), Saskia Rosendahl (Lina), Maia Rae Domagala (Hanna), Jacub Gierszal (Alexander).
Manuela Martelli est une actrice, réalisatrice et scénariste chilienne, née à Santiago du Chili en 1983. Après avoir étudié le théâtre, elle joue de nombreux rôles au cinéma et à la télévision entre 2003 et 2014 puis se tourne vers la réalisation. Dégel, son deuxième long-métrage, était présenté en compétition à Cannes-Un certain regard en 2025.
Résumé :
En 1992, au Chili, Ines, 9 ans, séjourne chez ses grands-parents, propriétaires d’un hôtel situé près d’une station de ski. Elle se lie d’amitié avec Hanna, une skieuse allemande venue s’entraîner au Chili, avant que cette dernière ne disparaisse.
Analyse :
Le film se passe deux ans après la fin de la dictature Pinochet et le mot ’dégel’ s’applique aussi bien au changement politique du Chili qu’au printemps qui arrive à la fin du film. Le personnage principal, Ines, est bien seule dans cet hôtel de montagne, en manque de tendresse car ses parents sont à Séville pour l’exposition universelle ; elle erre dans les couloirs de l’hôtel, en mal de chaleur humaine. Elle va la trouver à l’arrivée de Hanna, 14 ans, qui fait partie d’une équipe de futurs champions de ski allemands, venus s’entraîner. Hanna est, comme Ines, en manque d’affection, loin de sa famille car toujours en déplacement, là où il y a de la neige pour préparer les compétitions. Les deux jeunes filles vont vite sympathiser. Une nuit, Ines surprend Hanna qui sort avec son cousin. Hanna ne reviendra pas. Le film prend alors son vrai départ car la disparition d’Hanna rappelle les disparitions sous le régime Pinochet (1973-1990) – allusion y est d’ailleurs faite avec des images montrant la découverte de charniers – . Tout au long du film, la réalisatrice crée une tension et installe par sa mise en scène un climat oppressant, amplifié par la musique. La violence reste hors champ mais n’en est pas moins palpable. Arrive alors la mère d’Hanna une ex championne de patinage d’un pays qui, n’existe plus (la RDA), et qui va se heurter à la loi du silence, séquelle de l’ère Pinochet. Ce film aux couleurs froides de l’hiver et plein de non-dits est soutenu par le jeu très naturel de la jeune Maya O’Rourke, époustouflante.
Jean Wilkowski
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